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Le journal du chantier

Le budget d'une salle de bain refaite, poste par poste

Une salle de bain refaite n'est pas un achat d'équipements posés dans une pièce. C'est un enchaînement de six métiers dans quelques mètres carrés, et c'est cet enchaînement qui fait le budget.

Salle de bain en cours de rénovation avec arrivées d'eau en attente

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Une salle de bain, ce n'est pas un poste, c'en est six

Prenez une salle de bain de quatre mètres carrés à reprendre entièrement. Il faut déposer l'existant, évacuer les gravats, modifier les arrivées et les évacuations, refaire le circuit électrique et la ventilation, poser une étanchéité, carreler sol et murs, poser les équipements, raccorder, puis reprendre les finitions. Six corps de métier passent dans la pièce, parfois davantage.

Cette densité explique pourquoi la surface ne dit rien du prix. Quatre mètres carrés avec une douche à l'italienne, un receveur à encastrer et une évacuation à déplacer coûtent plus cher que huit mètres carrés où l'on remplace une baignoire à l'endroit exact de l'ancienne. Le nombre de mètres carrés compte moins que le nombre de raccordements déplacés.

La première question à poser à une entreprise n'est donc pas « combien pour refaire ma salle de bain », mais « qu'est-ce qui bouge ». Un plan d'implantation avant et après, même dessiné à la main, rend le devis lisible et comparable.

La dépose, et ce qu'on découvre derrière

La dépose n'est pas une formalité gratuite. Casser un tablier de baignoire maçonné, retirer un carrelage collé sur ciment, descendre les gravats par un escalier d'immeuble sans ascenseur : ce sont des heures, et des bennes. Cette ligne doit figurer au devis avec sa méthode d'évacuation, sinon elle réapparaît en supplément.

C'est aussi le moment où l'on voit l'état réel du support. Un plancher bois qui a pris l'humidité sous une ancienne douche, une cloison à reprendre, un réseau en plomb ou en acier galvanisé qui ne se raccorde pas proprement au neuf : ces découvertes sont fréquentes dans le bâti ancien du centre de Dijon comme dans le pavillonnaire de la couronne.

Deux vérifications réglementaires cadrent cette phase selon l'âge du bâtiment. Le diagnostic amiante concerne les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, et le repérage de l'amiante avant travaux est encadré réglementairement : dans une salle de bain, ce sont les colles de carrelage et les dalles de sol qui sont concernées. Le constat de risque d'exposition au plomb, lui, vise les logements construits avant le 1er janvier 1949.

Plomberie et électricité : les lignes qui décident du total

Déplacer un point d'eau est le geste le plus coûteux d'une salle de bain. Une alimentation se rallonge facilement ; une évacuation, non, parce qu'elle a besoin d'une pente et d'un point de chute. Déplacer une douche de deux mètres peut supposer de casser une chape, ou de surélever le receveur, ce qui change tout le calepinage du sol.

L'électricité obéit à des règles de sécurité liées aux volumes autour des points d'eau. Les emplacements des prises, des luminaires et des appareils dépendent de leur distance à la douche ou à la baignoire. Ces règles conditionnent la position du sèche-serviettes, du miroir lumineux et de la prise du rasoir : elles se dessinent avant le carrelage, jamais après.

La ventilation complète l'ensemble et se néglige trop souvent. Une pièce d'eau étanche, isolée et mal ventilée finit en condensation sur les murs froids et en moisissures dans les joints. La bouche d'extraction, son débit et le passage de l'air sous la porte sont des lignes de devis à part entière.

L'étanchéité, le poste invisible qu'on paie deux fois si on l'oublie

Sous le carrelage d'une douche se trouve un système d'étanchéité continu, remonté sur les murs, traité aux angles et autour des percements. C'est lui qui empêche l'eau de traverser vers la structure. Une fois le carrelage posé, plus personne ne le voit, et c'est exactement pour cela qu'on essaie parfois d'économiser dessus.

L'économie est mauvaise. Une infiltration lente sous un receveur ne se manifeste pas la première année. Elle apparaît au plafond du voisin du dessous, ou dans un plancher bois qui commence à travailler. À ce stade, la reprise ne consiste plus à refaire un joint : elle consiste à déposer le carrelage et à recommencer.

Sur le devis, cherchez une ligne dédiée qui nomme le système d'étanchéité, sa remontée en périphérie et le traitement des points singuliers, comme la bonde et les traversées de canalisations. Une ligne « douche à l'italienne » sans détail d'étanchéité n'est pas comparable à une ligne qui la décrit.

Carrelage, faïence et équipements : là où le choix pèse

C'est le poste le plus élastique, parce qu'il dépend presque entièrement de vos décisions. Un format de carreau, une pose droite ou en diagonale, une mosaïque dans une niche, un receveur standard ou sur mesure : à surface identique, l'écart de mise en œuvre est considérable, avant même de parler du prix des matériaux.

Une règle simple aide à arbitrer. Ce qui est difficile à changer plus tard mérite l'investissement : étanchéité, réseaux, carrelage. Ce qui se remplace en une demi-journée peut attendre : robinetterie, miroir, meuble vasque, accessoires. Beaucoup de budgets se déséquilibrent en faisant l'inverse.

Demandez enfin que le devis distingue la fourniture de la pose, poste par poste. C'est ce découpage qui vous permet de faire varier une gamme sans renégocier tout le chantier, et de comprendre pourquoi deux devis d'apparence proche affichent des totaux différents.

TVA, aides et garanties sur ce type de chantier

Les taux réduits sont réservés aux locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans. Une rénovation de salle de bain relève des travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien, soit le taux de 10 %. Le taux de 5,5 % vise les travaux de rénovation ou d'amélioration de la performance énergétique dont les matériaux et équipements respectent des critères techniques minimaux : dans une salle de bain, cela concerne les postes énergétiques, pas le carrelage. Depuis le 1er mars 2025, la mention certifiant que les conditions du taux réduit sont remplies figure sur le devis ou la facture, sans attestation séparée.

Côté aides, soyons précis pour ne pas créer de fausse attente. MaPrimeRénov' finance des travaux relevant de l'isolation, du chauffage, de la ventilation et de l'eau chaude sanitaire, dans un logement construit depuis au moins quinze ans et utilisé en résidence principale, par un professionnel reconnu garant de l'environnement, sauf raccordement à un réseau de chaleur. Une salle de bain n'ouvre donc rien en tant que telle : c'est le poste ventilation ou eau chaude sanitaire qui peut être concerné, s'il est traité dans les conditions du dispositif.

Les garanties, elles, s'appliquent pleinement. La garantie de parfait achèvement court un an, la garantie de bon fonctionnement deux ans sur les équipements dissociables, et la garantie décennale dix ans après la réception sur les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Sur une salle de bain, la réception écrite n'est pas une politesse : c'est elle qui déclenche ces délais.

En bref

Quel taux de TVA pour une rénovation de salle de bain ?

Le taux de 10 % s'applique aux travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien, dans un local d'habitation achevé depuis plus de deux ans. Le taux de 5,5 % est réservé aux travaux de rénovation ou d'amélioration de la performance énergétique respectant des critères techniques minimaux.

Peut-on obtenir MaPrimeRénov' pour une salle de bain ?

Pas pour la salle de bain elle-même. Le dispositif finance des travaux relevant de l'isolation, du chauffage, de la ventilation et de l'eau chaude sanitaire, dans un logement construit depuis au moins quinze ans et utilisé en résidence principale, réalisés par un professionnel reconnu garant de l'environnement.

Une pièce d'eau se juge dans la durée, et les garanties le rappellent : la garantie de parfait achèvement couvre un an, la garantie de bon fonctionnement deux ans sur les équipements dissociables, et la garantie décennale dix ans. Toutes ces durées ne commencent à courir qu'à partir de la réception des travaux, à la condition qu'elle soit formalisée.

rénovation de salle de bain à Dijon

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